Compte rendu et podcast de la dix-septième partie de la campagne Par delà les montagnes hallucinées, pour l’Appel de Chtulhu. La partie s’est jouée le 31/03/2024.
Ce jour là, se trouvaient à table : Thomas (Ruppert Boyle) ; David (John Hammond) ; Fred (John Andrews) et Ludo (William Knock).
3 décembre 1933
Préparer l’expédition par delà les montagnes
Starkweather revient à peine de son périple au mont Beardmore. L’annonce du projet d’Acacia Lexington de partir à l’assaut de la mystérieuse cité évoquée par Dyer l’a profondément agacé. Refusant de laisser cette découverte potentielle lui échapper, il décide de monter une expédition propre à l’ESM. Son objectif est clair : franchir les montagnes et explorer cette cité, si toutefois elle existe réellement. Moore, quant à lui, est animé par une motivation plus personnelle. L’expédition Miskatonic à laquelle il était lié s’est achevée dans des circonstances troubles, et il veut comprendre ce qui est réellement arrivé à ses anciens collègues et amis.
Mais une contrainte majeure s’impose rapidement : les avions ne peuvent transporter que douze passagers. Il faut donc sélectionner avec soin les membres de l’équipe qui franchiront les montagnes avec Moore et Starkweather. Certains choix sont évidents et validés par les chefs d’expédition. Les pilotes Dewitt, Halperin, Boyle et Miles seront indispensables pour assurer les rotations aériennes. Starkweather et Moore participeront naturellement au voyage. Le docteur Green est retenu pour assurer le soutien médical, tandis que Myers, archéologue, pourrait jouer un rôle crucial si la cité mentionnée par Dyer venait à être découverte. Il reste néanmoins quatre places, et leur attribution provoque de longues discussions. Les arguments scientifiques, les rivalités personnelles et les considérations logistiques s’entremêlent pendant des heures. Finalement, après d’âpres débats, quatre noms sont retenus : Knock, Andrews, Hammond et Sykes.

Partager les connaissances
Le matériel nécessaire à l’expédition a été soigneusement préparé afin de permettre au groupe de tenir quatre à cinq jours en autonomie complète. Dans le camp, plusieurs membres de l’équipe s’activent à vérifier l’état des caisses, contrôler les instruments et s’assurer que rien d’essentiel ne manque avant le départ.

Pendant que ces préparatifs se poursuivent, Moore souhaite que le plus grand nombre possible de membres de l’expédition prenne connaissance du manuscrit de Dyer. Les nombreuses descriptions de formations rocheuses, de structures et de reliefs l’amènent à confier en priorité le document à Myers, le géologue de l’équipe. Celui-ci termine sa lecture aux alentours de 17 heures, visiblement troublé par certains passages. Le manuscrit est ensuite confié à Knock, dont les compétences en physique et chimie pourraient apporter un éclairage complémentaire sur certaines observations décrites par Dyer. En parallèle, une réunion informelle est organisée afin de permettre aux membres de l’expédition d’échanger leurs impressions. Les discussions sont animées et parfois tendues. Certains, comme Hammond, tentent de rapprocher les observations du manuscrit avec les découvertes récentes de l’expédition : l’odeur marine qui imprègne les boyaux explorés depuis la grotte de Lake, les créatures découvertes dans les glaces, ou encore le lac mentionné par Dyer dans son récit.
Au fil des échanges, les inquiétudes se multiplient. La révélation selon laquelle certaines des créatures déterrées étaient peut-être encore vivantes trouble profondément plusieurs membres de l’équipe. L’hypothèse officielle de la « folie des neiges », souvent invoquée pour expliquer les événements survenus lors de l’expédition Miskatonic, est désormais ouvertement remise en question.
La lecture du manuscrit par Knock permet également d’éclairer un point particulier : les étoiles en stéatite retrouvées dans le camp. Les points gravés à leur surface semblent correspondre à une forme d’écriture appartenant aux Choses Très Anciennes. Cette écriture paraît structurée et logique, mais le nombre d’exemples disponibles reste insuffisant pour espérer la déchiffrer pour le moment.
Enfin, les descriptions des bas-reliefs évoquées par Dyer fournissent de précieux indices sur l’histoire de la mystérieuse cité. Les notes permettent de commencer à reconstituer le passé de cette étrange civilisation. Il semble notamment que les Choses Très Anciennes aient entretenu des relations avec d’autres créatures inconnues : certaines pacifiques, d’autres manifestement hostiles.
Plus troublant encore, tout indique que la cité a connu une lente période de déclin, qui aurait finalement conduit à l’abandon progressif de la ville et à l’exode de sa population.
L’attitude des allemands
Pendant ce temps, John Andrews décide d’observer attentivement le comportement des membres de l’expédition Barsmeier-Falken. Rien, dans leur attitude, ne laisse apparaître la moindre agressivité. Les Allemands se montrent calmes, presque détendus, et semblent même disposés à rendre service lorsque l’occasion se présente. Leur attitude générale donne l’impression d’un groupe plutôt coopératif avec les autres équipes présentes sur place.
Cependant, au fil de ses observations, Andrews en vient à une conclusion assez claire : leur objectif ne semble manifestement pas être l’exploitation de ressources minières en Antarctique. Tout indique que leurs recherches sont en réalité orientées vers la mystérieuse cité évoquée dans les récits de Dyer.
Un autre détail attire particulièrement son attention. Les membres de l’expédition allemande paraissent étonnamment bien informés de ce qu’il est possible de découvrir dans le camp de Lake. Ils connaissaient notamment l’emplacement de l’enclos des chiens bien avant que celui-ci ne commence à être dégagé par les équipes présentes sur place.
Fait plus étrange encore, ils ne semblent pas chercher à dissimuler cette connaissance. Leur assurance et leur tranquillité laissent plutôt penser qu’ils considèrent ces informations comme allant de soi, comme si la présence de certains éléments dans le camp de Lake ne constituait pour eux aucune surprise.
4 décembre 1933
Lexington part en tête
Pendant que les membres de l’expédition Starkweather et Moore poursuivent leurs préparatifs, Acacia Lexington et l’équipe allemande s’organisent également pour leur propre départ. Leur avion est chargé avec efficacité, et ils embarquent notamment une quantité impressionnante de matériel photographique et cinématographique, comme s’ils s’attendaient à documenter quelque découverte majeure.
N’ayant qu’un seul appareil à préparer, leur mise en route est plus rapide et c’est finalement l’équipe d’Acacia Lexington qui prend la route la première. Le Belle décolle en milieu de matinée et met le cap vers les montagnes.
Quelques heures plus tard, les deux Boeing de l’ESM terminent à leur tour leurs préparatifs et s’élancent dans le ciel antarctique pour suivre la même direction.
Au moment du décollage, Starkweather tente de prononcer un discours, mais ses paroles se perdent rapidement dans le grondement des moteurs, qui couvre bientôt entièrement sa voix tandis que les avions prennent de l’altitude et s’éloignent du camp.
Le trajet vers les montagnes
Les avions décollent enfin et le trajet vers la passe de Dyer commence. Quelques minutes après le départ, des perturbations météorologiques viennent brouiller les communications radio, laissant chaque appareil isolé face aux éléments. Le voyage, qui doit couvrir une distance d’environ trois cents kilomètres, s’annonce rapidement périlleux.

Une violente bourrasque fait d’ailleurs perdre momentanément le contrôle de l’avion piloté par Boyle, le contraignant à effectuer une manœuvre risquée pour redresser l’appareil. Tandis que l’avion lutte contre les rafales, un fracas de caisses qui s’entrechoquent retentit soudain dans la cale, suivi du bruit inquiétant de bois qui se brise.
Aux difficultés imposées par la tempête s’ajoute bientôt un autre problème. À partir de cinq mille mètres d’altitude, l’air devient sensiblement plus pauvre en oxygène. Les membres de l’expédition sont contraints d’utiliser les réserves d’oxygène stockées en bonbonnes. L’air, légèrement vicié, provoque chez plusieurs d’entre eux des nausées et de violents maux de tête.
Après plusieurs heures de vol, le paysage commence pourtant à changer. Le ciel se teinte peu à peu de reflets rosés, tandis que les contreforts des montagnes apparaissent de plus en plus nettement à l’horizon.
Lorsqu’ils atteignent environ six mille cinq cents mètres d’altitude, certains membres de l’expédition distinguent sur les crêtes des curiosités géologiques pour le moins troublantes. Des formes aux contours étonnamment réguliers se détachent dans la pierre, dessinant des figures géométriques improbables au sommet des montagnes. Certaines semblent même percées d’ouvertures, visibles jusque depuis le ciel.
La passe de Dyer
La passe de Dyer finit par apparaître devant eux. Une immense entaille fend la chaîne montagneuse, comme si la roche elle-même avait été ouverte par une force colossale. En approchant, les membres de l’expédition distinguent, dans une vision presque cauchemardesque, ce qui semble être un sentier serpentant à travers la faille.

Ce chemin paraît dallé, mais les dalles qui le composent sont d’une taille incommensurable. Même à cette altitude, et malgré la neige qui les recouvre en partie, leurs contours restent visibles depuis les avions. L’origine d’un tel ouvrage dépasse l’entendement, et l’identité de ceux qui auraient pu construire un tel passage laisse l’équipage livré aux hypothèses les plus inquiétantes.
Comme pour renforcer l’étrangeté de la scène, au moment où les appareils franchissent la passe et basculent vers l’autre versant, tous les membres d’équipage perçoivent une étrange mélopée flûtée qui semble monter des montagnes. Le son évoque une musique lointaine et irréelle, comme si le vent lui-même produisait ces notes en s’engouffrant dans les crêtes glacées.
La cité se dévoile
Bientôt, la passe disparaît derrière eux, et la cité se révèle enfin.

Elle est gigantesque. Ses ruines s’étendent à perte de vue, couvrant des centaines de kilomètres. Un immense canyon traverse la ville de part en part, comme une cicatrice colossale, avant de s’achever dans un gouffre qui semble plonger dans les profondeurs mêmes de la montagne.
Parmi les ruines cyclopéennes se distinguent également deux énormes pylônes noirs. Leur forme suggère qu’il s’agissait autrefois de statues monumentales, dont il ne reste plus aujourd’hui que les silhouettes brisées, dressées comme des sentinelles silencieuses au milieu de la cité morte.
Un atterrissage compliqué
Les deux Boeing finissent par arriver en vue de la place décrite par Dyer dans ses écrits. Mais au moment où l’avion transportant Starkweather et les scientifiques entame son atterrissage, un problème mécanique survient brutalement. L’appareil touche le sol dans un fracas inquiétant, accompagné de bruits de métal et de pièces qui cèdent sous la contrainte.
Une fois immobilisés sur la place — celle-là même où Dyer s’était posé auparavant — les membres de l’expédition se mettent rapidement à l’œuvre. Tandis que certains cherchent un emplacement pour établir le camp, d’autres se précipitent autour de l’avion afin d’évaluer l’étendue des dégâts.
L’examen mené par Boyle et Miles est sans appel. Le train d’atterrissage avant est complètement hors d’usage. Les dégâts sont trop importants et, faute de pièces de rechange, toute réparation est impossible. Malgré cela, l’appareil lui-même reste relativement intact. Les deux pilotes parviennent à stabiliser l’avion, ce qui permet au moins de décharger la cargaison sans risque immédiat.
La place sur laquelle ils ont atterri se révèle être un vaste espace situé en hauteur dans la cité. Depuis ce point, il est possible d’apercevoir l’ampleur vertigineuse des ruines. La ville semble s’enfoncer profondément dans les entrailles glacées du continent. Au fil des millénaires, les glaces ont recouvert les différentes strates de la cité originelle, ne laissant émerger à l’air libre que les plus hautes tours et les sommets de certaines structures monumentales.

En explorant les environs immédiats, Hammond finit par découvrir un endroit qui pourrait convenir pour l’installation du camp. Il s’agit d’une vaste pièce circulaire, aux dimensions impressionnantes. L’espace ressemble à une ancienne salle, aujourd’hui vide, dont les murs cyclopéens offrent un abri relatif contre le vent. Les dimensions de la pièce permettent sans difficulté d’y dresser les tentes de l’expédition et d’y installer un campement provisoire.
Pendant que le camp est en cours d’installation, Moore et Greene procèdent à des relevés barométriques qui les amènent à comprendre qu’ils se trouvent 900 mètres plus bas qu’ils ne le pensaient. Cette découverte constitue une bonne nouvelle, car elle implique une moindre consommation d’oxygène et une plus grande capacité d’adaptation à sa raréfaction pour l’ensemble des membres de l’expédition. Ces derniers devraient ainsi devenir rapidement capables d’évoluer sans masque d’ici quelques jours. L’altitude moins élevée implique également une température plus douce que prévu.
Une fois les premiers équipements posés et installés, Starkweather réunit les troupes. Son enthousiasme est palpable et sa curiosité pour les mystères cachés de la cité est visible de tous. Moore, quant à lui, invite chacun à la prudence et rappelle la nécessité d’être vigilant dans les prochains jours.
Plusieurs sujets angoissent cependant les membres de l’expédition. Ils sont notamment sans nouvelles d’Acacia Lexington, et les appels radio restent sans réponse.
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